Le conclave de Mai 2025
Les medias évoquaient un conclave politique, sans doute long et diffiçile. On craignait des tensions entre conservateurs et progressistes, pro-François ou peu favorables à une continuité entre les deux pontificats. On oublie toujours le protagoniste principal et l’aspect retraite et prière. Une fois encore l’Esprit Saint a surpris, les cardinaux peuvent dire comme dans les actes des apôtres “l’Esprit Saint et nous avons décidé que…”
Le témoignage d’un cardinal , Mgr VESCO ,l’archévêque d’Alger
Source Aleteia: Interview intégrale
Quelques heures après l’élection de Léon XIV, quel est votre sentiment ?
On a un bon pape, on a un très bon pape ! Je suis très, très heureux, comme tout le collège des cardinaux. Il y a eu une immense unanimité, une immense joie. Il a derrière lui tout un collège cardinalice. Et en avant !
Le conclave a été rapide… Il a été plus rapide que vous ne pouvez l’imaginer ! Je n’en doutais pas mais c’est vrai que le Saint-Esprit a été à l’œuvre. Il y a eu durant les congrégations générales l’expression de la différence, et puis très vite, le temps de l’unité est arrivé. Nous avons été unanimes. Ce n’était pas forcément gagné d’avance. Mais j’ai vu les planètes s’aligner durant le conclave, sans forcément que des paroles soient échangées. Aujourd’hui, je peux affirmer qu’on a un bon pape comme on dit du pain qu’il est bon !…
… Quelle était l’ambiance dans la chapelle Sixtine quand le cardinal Prevost a obtenu les deux tiers des votes ?
Il y avait une joie manifeste, une énorme émotion. Il n’y avait pas d’arrière-pensée mais seulement une joie profonde chez tous les cardinaux. C’est étonnant. Cela s’est fait très rapidement. Cela aurait même pu se terminer plus tôt.
Le connaissiez-vous auparavant ?
Non, je ne le connaissais pas. Je l’ai rencontré durant les congrégations générales. Je savais que c’était une personne qui comptait et pour laquelle on pouvait se dire que c’était possible. Je suis arrivé avec un candidat puis je me suis ouvert à tous les autres profils en essayant de chercher celui qui était meilleur que lui.
Avant le conclave, plusieurs personnes me demandaient ce que j’en attendais. Je répondais spontanément que j’aimerais rentrer à Alger avec la sensation d’avoir donné un bon pape à l’Église. C’est exactement cela qui se produit……
Vous avez ensuite dîné avec lui ? Oui, il a dîné avec nous, tous ensemble. C’était très simple, c’est un homme très simple et ça c’est très beau. L’ambiance était très joyeuse, très légère, pour tout le monde.
Vous attendiez-vous à cette légèreté en temps de conclave ?
On pense généralement les conclaves avec des réflexes d’analyse politique. Mais ce n’est pas de la politique. J’en suis désormais convaincu. Le soir de l’élection, tout le monde était bien. En politique, il y a toujours un gagnant et un perdant. Ce n’est pas le cas ici. Tout le monde est heureux. Il a eu un score magistral et tout le monde est derrière
Pour un chrétien, est-ce bouleversant de vivre un conclave ?
Ce conclave était très paisible. C’est une très belle expérience. Ce rite est très beau. La première journée sert de retraite, de prière. Il y a eu beaucoup de paroles dans les congrégations générales, on avait besoin de se poser, on avait besoin de temps. Au lendemain de l’entrée en conclave, on savait déjà qui ce serait, il y avait une paix. On savait que dans la journée cela se ferait. On a eu le pape qu’il fallait, un homme simple, modeste, paisible, avec un vrai profil de pape. Très franchement, je redoutais de connaître trop bien le pape qui pouvait être élu et faire face à une émotion trop forte. Il y a donc un sentiment de soulagement.