Le sujet de ce deuxième Vendredi de Carême: Dignité de la personne humaine et accompagnement de la fin de vie.

Une assemblée nombreuse, venue des diverses communes de notre ensemble paroissial, a participé à cette soirée d'information.

Intervention du père de Veyrac en quelques points

Le père s'est appuyé sur le document du dicastère pour la doctrine de la foi Dignitas Infinita. Le mot dignité couvre plusieurs niveaux de sens qu'il convient de distinguer

La dignité ontologique, indépendante de sa santé, de sa place, de ses conditions de vie. Chaque personne a une valeur intrinsèque voulue par Dieu. La dignité ontologique est inscrite dans la déclaration universelle des droits de l’homme (1948)

La dignité morale c’est agir selon la volonté de Dieu. Refuser de faire la volonté de Dieu nous la fait perdre.

La dignité existentielle ou sociale, dépend des conditions dans lesquelles vivent les personnes. Il y a des conditions de vie qui sont indignes, lorsque les besoins fondamentaux ne sont pas satisfaits.

La position de l’Eglise est présentée dans un document du dicastère pour la doctrine de la foi : Dignitas Infinita,(2 avril 2024) Ce document fait le point et met en lumière des violations de cette dignité ontologique dans le monde contemporain

Au niveau de la fin de vie la défense de cette dignité intrinsèque va impliquer : de refuser l’acharnement thérapeutique, de soulager la souffrance, de ne pas provoquer la mort (euthanasie et suicide assisté).

Intervention du docteur Labrosse en quelques points

Le docteur Labrosse est un soignant qui a l'experience des situations d'accompagnement en fin de vie. Il a fait le point sur la législation en vigueur et les perspectives ouvertes par les propositions de loi en débatà l'Assemblée.

La loi Claeys - Leonetti 2016

Elle vise à un meilleur accompagnement de la fin de vie

Interdiction de l’obstination déraisonnable (c’est une notion qui peut être compliquée et subjective)

Les directives anticipées : document écrit et signé pour le jour où je n’aurai plus la capacité de le décider

Une personne de confiance celle qui sera consultée, celle qui peut m’accompagner, (ce n'est pas la même chose que la personne à prévenir en cas d'urgence). Elle sera consultée en priorité avant même la famille si c’est quelqu’un d’autre. La personne de confiance peut parler à ma place si je ne peux pas. C’est personnel et nominal Il y a des modèles proposés. C’est une occasion de réfléchir à tout cela. Les tuteurs ne sont pas "personnes de confiance"

Les décisions sont collégiales pour consulter, mais, au bout du compte, ce sont  la personne concernée et l’intervenant qui décident.

Sédation profonde : traitement qui permet de soulager le patient, lié à un analgésique en attendant la venue de la mort. Il s’agit d’apaiser, pas de donner la mort.

A retenir: L'importance des directives anticipées, du choix d'une personne de confiance, de parler de tout cela avec nos proches et de faire les démarches nécessaires.

La proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir 2026

Elle va beaucoup plus loin, c'est ce qui suscite tant de débats.

  • Elle crée un droit à l'aide à mourir pour les malades majeurs condamnés par une affection grave et qui en ont exprimé la demande, sous certaines conditions.
  • DROIT A L’AIDE à MOURIR : Pour des personnes majeures / française ou résidants / en phase terminale / ou phase avancée / souffrance physique ou psychologique constante ou insupportable / être apte à manifester sa volonté de façon libre et éclairée
  • DÉLAI DE RÉFLEXION : 2 jours minimum à réévaluer au bout de 3 mois
  • CLAUSE DE CONSCIENCE pour les professionnels de santé avec obligation de donner les coordonnées d’autres professionnels (Problème des établissements, pour lesquelles la clause de confiance n’est pas retenue).
  • Un délit d’entrave à l’aide à mourir est créé.

Proposition de loi visant à garantir l'égal accès de tous à l'accompagnement et aux soins palliatifs 2026

Une autre loi est proposée concernant les soins palliatifs

Elle prévoit une généralisation des soins palliatifs, une prise en charge globale et un accompagnement personnalisé. La création d’une instance gouvernementale doté d’un budget. La création de structures nouvelles « les maisons d’accompagnement et des soins palliatifs ».

VOCABULAIRE

  • Les soins palliatifs : Soins actifs dans une approche de la personne atteinte d’une maladie grave ou évolutive ; Prennent en charge toutes les dimensions de la personne psychologique, physique et spirituelle. Pas uniquement les aspects techniques du soin
  • Euthanasie: hâter ou provoquer la mort.
  • Suicide assisté: c’est le patient qui provoque la mort.
  • L’aide active à mourir: le professionnel injecte le produit.
  • La convention citoyenne : Personnes tirées au sort pour proposer des mesures sur les enjeux sociétaux.  (Sur la fin de vie les 2/3 ont dit oui à la proposition de loi.)
  • Concertation citoyenne : Personnes sensibilisées ou professionnelles.( Le rapport est inversé 2/3 contre, 1/3 pour la proposition de loi)